Lavoirs de minerai

Le minerai, une fois extrait de la mine, doit être débarrassé de sa gangue d'argile. Pour cela il est parfois laissé à la pluie, puis trempé dans l'eau et remué. Les premiers travaux se faisaient manuellement. Quand les quantités deviennent plus importantes, divers appareils, dits patouillets, sont utilisés. Les argiles ainsi libérés donnent une couleur rouge aux cours-d'eau, ce qui n'est pas du tout apprécié des pêcheurs et riverains. En 1767, le prince-évêque se plaint que le lavage du minerai de Courtavon souille les étangs de Bonfol.
Au début du 17e siècle, on lave le minerai de Séprais au lieu-dit Les Lavoirs; le ruisseau utilisé prend le nom de Rouge-Eau.
Au 18e siècle un lavoir existait en-dessous de Montenol, il était encore en possession de Bellefontaine en 1830 (Moulin des Lavoirs, actuelle Benteler). En 1666, l'abbaye de Saint-Ursanne interdit à l'usine de Bellefontaine de laver hors du site dit la Fontaine de Boichaulx, en dessous de Froidevaux.
Le minerai de Corcelles est lavé sur le ruisseau de Froideval, en dessous de la ferme de La Tus. Un important bassin de décantation est installé sur la rive droite du Gaibiat. Le premier lavoir moderne connu est installé au village de Courroux, à l'emplacement d'une scierie en 1764.

Au 19e siècle la quantité de minerai à laver augmente considérablement. On dénombre au moins 17 lavoirs :
Boécourt (4 lavoirs) :
- Au lieu-dit Les Lavoirs, à l'ouest de l'étang
- 300 m en amont direction Séprais
- 350 m en aval, limite de Bassecourt
- sous le Lieu-Gallet
Delémont (6 lavoirs) :
- sur le Ticle, en amont du Cras-du-Moulin
- sur le Ticle, à la scierie
- sur la Sorne, en face des abattoirs
- sur la Birse, Les Rondez
- eau pompée de la Sorne, Dozière
- sur un canal de la Sorne, La Blancherie
Courroux (5 lavoirs) :
- Au village
- Au Colliard
- Le Cerneux
- Courcelon, La Fortaine
- Gour aux Oies, rive gauche de la Scheulte
Mettembert (2 lavoirs) :
- Bas du Vély

Plan de la Fortaine, Courcelon 1846
Les traces les mieux conservées d'un lavoir sont situées au Colliard, sur la commune de Courroux, près des Rondez. Une carrière importante a été creusée dans le rocher pour y loger les installations de lavage. On distingue deux réservoirs parallèles, délimités par des murs en moellons. L'eau pouvait passer d'un réservoir à l'autre par une bouche d'évacuation. On distingue, dans les parois des réservoirs, des trous dans lesquels on fixait les écluses de retenue. Ce lavoir date de la seconde moitié du 19e siècle. Il était relié au haut fourneau des Rondez par une ligne de chemin de fer.


Lavoir de la Blancherie, Delémont 1923

Au 20e siècle, un seul lavoir subsiste, à la Blancherie à Delémont. Le minerai y arrive par wagonnets directement de la mine et le minerai lavé est chargé, par wagonnets également, dans les wagons de chemin de fer. En 1942 les wagonnets sont remplacés par des bennes de  téléphérique.