Editorial du dernier bulletin

Edito du numéro 95 de GENEALOGIE JURASSIENNE

Ecriture

L’éditorial du précédent bulletin a suscité beaucoup de réactions auprès du président-rédacteur. C’est la confirmation qu’il a traité là d’une question de première importance. La réunion du Cercle à Moutier, le mercredi 6 septembre 2017, s’est donc avérée fort intéressante, l’exposé prévu pour la soirée étant directement lié au devenir de nos généalogies.
Différentes propositions ont été émises et vous en trouverez certainement des échos dans de prochains bulletins.

En lien direct avec cette thématique, un participant a soulevé la question de l’écriture. En effet, après des années de recherches, voire des décennies, nous avons amassé une quantité importante de renseignements sur nos familles et vraisemblablement trouvé quelques personnes qui « ressortent » de notre arbre généalogique. Nous avons peut-être beaucoup d’indications les concernant ou alors, avec le peu que nous en connaissons, elles peuvent nous paraître particulièrement intéressantes, proches et nous donner envie d’aller plus loin avec elles. C’est là que nous pouvons souvent être bloqués.

Beaucoup d’ouvrages existent qui rapportent ce genre d’histoires de vie. Ils sont d’une très grande variété, partant de brochures plus proches de l’arbre-ossature que d’un texte, passant par les petits récits en rapport avec les souvenirs personnels d’une personne ayant eu la chance d’interroger un aïeul et jusqu’à une histoire en forme de roman, située dans un contexte historique adéquat mais recréant le ou les personnages. Notre démarche dans ce domaine sera donc directement liée à l’importance que nous voulons donner à notre travail. Il y a de l’espace entre écrire pour sa famille ou pour le grand public.

Mais quelle que soit la forme recherchée, nous pouvons nous sentir démunis car écrire requiert d’autres compétences que la recherche dans les archives. Lors de la réunion, la demande d’un participant de mettre sur pied un atelier d’écriture, dirigé par une personne avancée dans ce domaine, est particulièrement pertinente, tout comme le fait de pouvoir échanger des idées en petit groupe.

La journaliste Anne Mooser, à propos du livre « Oiseau de hasard » dans lequel Alexandre Voisard a recréé l’histoire d’un grand-père chassé de la mémoire familiale, disait que c’était « une vie où si rien n’est vrai, tout est pourtant vraisemblable. » Écrire, chacun à sa manière, une vie où parties vraies et créées soient vraisemblables, c’est tout le bien que l’on peut se souhaiter.

Françoise Robiolio-Chochard