Hauts fourneaux et forges de Lucelle

Pour utiliser le bois de ses forêts, l'abbaye de Lucelle décide de mettre en valeur le minerai de fer à disposition sur ses terres. Elle obtient en 1681 une patente du roi pour installer sa forge sur sol français, mais omet de demander une concession pour les mines, situées sur le territoire du prince évêque.
Le haut fourneau est construit sur la rive gauche de la Lucelle, en aval de l'abbaye, et les forges avec affinerie et martinet plus en aval, à Saint-Pierre. Un arrangement fut trouvé avec le prince pour l'exploitation minière, mais de nombreux procès eurent lieu avec les divers amodiataires des usines. Après l'incendie du haut fourneau en 1724, il ne fut pas reconstruit. Seule une petite forge locale subsistera à Saint-Pierre.

Après la destruction du couvent par les révolutionnaires, les terres sont acquises par des particuliers qui construisent un haut fourneau à Lucelle et rétablissent les fours d'affinerie de Saint-Pierre. En 1817, ces installations grevées de dettes sont reprises par diverses sociétés successives, toutes dirigées par la famille Paravicini de Bâle.

Les usines de Lucelle au 19e siècle, cliché von Roll.

Les usines de Lucelle connaissent le succès et employent jusqu'à 300 personnes. Le haut fourneau est alimenté par les mines de Liesberg, Mettembert, Pleigne, Winkel, Courtavon. Ces petites mines étant insuffisantes, on fait venir du minerai de la vallée de Delémont. Un second haut fourneau est construit à Saint-Pierre.

Les Forges de Saint-Pierre sur la Lucelle au 19e siècle, cliché von Roll.

En plus des deux hauts fourneaux, Lucelle et Saint-Pierre font fonctionner des affineries, martinets et fonderies. Les poëles fabriqués à Lucelle sont réputés. 
Suite aux problèmes financiers de la métallurgie locale, les hauts fourneaux sont supprimés dès 1870. Les fonderies continuent de travailler mais toute production sur la Lucelle cessera en 1883.